Châtelaillon-Plage

Une commune qui montre l’exemple

  • Accueillir le camping-car
  • 19.11.10

Gérard Fougeray, adjoint au maire de Châtelaillon-Plage, en charge des transports, de la sécurité et du commerce, a piloté le projet d’accueil du camping-car dans sa commune. Il nous démontre que le camping-car peut s’intégrer parfaitement dans le développement touristique d’une station de bord de mer, tout en tenant compte des contraintes inhérentes à la forte affluence saisonnière, à la gestion du stationnement ou le respect des riverains. Un bel exemple de l’accueil du camping-car.

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La commune de Châtelaillon-Plage a pris en compte le camping-cariste spécifiquement parmi l'ensemble de ses visiteurs, pourquoi cette clientèle est-elle intéressante pour une station balnéaire comme la vôtre ?

En Charente Maritime, Châtelaillon-plage est la première station balnéaire que le camping-cariste venant du nord rencontre à une dizaine de kilomètres au sud de La Rochelle. Avec 7 000 habitants l’hiver et autour de 25 000 l’été, il faut gérer en saison touristique une forte pression en terme de circulation et surtout de stationnement. Et répartir le plus équitablement possible les stationnements disponibles entre les résidents principaux, secondaires, les clients des loueurs en meublés, des hôtels, de l’hôtellerie de plein air…. et les camping-caristes. S’ajoutent les contraintes dues à des rues très étroites dans le centre-ville et le bord de plage, et un front de mer longé par un boulevard en réalité très étroit.

A mon arrivée au poste d’adjoint au maire en charge de la circulation, j’ai pris conscience qu’avec l’augmentation du nombre de camping-caristes fréquentant notre station (j’ai moi-même été camping-cariste dans les années 80) il était nécessaire à la fois de mieux accueillir ces visiteurs et de mettre en place une réglementation plus adaptée. Pour Châtelaillon-Plage, la clientèle des camping-caristes est une clientèle touristique parmi les autres en juillet-août (juste un peu plus encombrante ! ) mais en demi-saison c’est une clientèle particulièrement intéressante pour les restaurants et le commerce local, et qui participe à l’animation de notre petite ville hors saison.



Vous avez mené à bien un projet structuré d'accueil du camping-car. Pouvez-vous nous décrire le dispositif que la commune a mis en place ?


Une première approche de mon prédécesseur avait consisté à interdire le stationnement aux véhicules de plus de 2 mètres de hauteur sur le boulevard de la mer et quelques lieux étroits et encombrés.

Nous sommes repartis de la feuille blanche en déterminant d’un côté les contraintes et les zones où le stationnement, voire même la circulation, devaient être interdits aux camping-cars (comme aux véhicules encombrants), et de l’autre nous avons recensé les espaces qui pouvaient être réservés au stationnement diurne et nocturne des camping-cars, en excluant l’idée de les regrouper en dehors du centre-ville (ce qui de toute manière aurait été difficile, car nous manquons d’espace en dehors des zones naturelles protégées).

Ainsi, il y a actuellement cinq aires de stationnement réservé réparties autour du centre-ville et du port de plaisance comprenant chacune de 6 à 12 places, avec marquage au sol là où c’était possible et panneaux indiquant clairement les limites. S’ajoute, à côté du stationnement du port, une aire de service gratuite pour les vidanges et l’approvisionnement en eau potable. Enfin une aire de stationnement strictement nocturne est signalée sur le parking servant en journée au centre aquatique, près du port.



Ce dispositif est intéressant car il comprend une réflexion globale sur les places de stationnement disponibles sur la commune, est ce qu'il a été difficile et coûteux de le mettre en place ?


J’ai proposé dès fin 2008 à notre député-maire Jean-Louis Léonard et à mes collègues adjoints de mettre en place un dispositif spécifique pour les camping-cars, en collaboration avec le directeur de station, Jean-Christophe Mercorelli. Il a fallu les convaincre et tenir compte de certaines réticences des habitants. Nous avons aussi rencontré, avec Jean-Christophe, les dirigeants des trois campings de la commune pour leur présenter le projet. Ils ont approuvé notre approche, ce qui a permis d’envisager une offre d’accueil globale pour les camping-cars à la fois sur le domaine public et en HPA. Finalement, nous avons mis le dispositif d’accueil et la réglementation en place pour être prêts en juillet 2009. Pour la réalisation, il n’y a pas eu de vraie difficulté : aménagement léger des espaces, mise en place de la signalisation, puis achat de la borne et mise en place de l’aire de service, le seul poste nécessitant un réel investissement. Au total, le budget a été d’environ 17000 Euros.

Un point a fait débat : gratuité ou non de l’aire de service ? Finalement, nous nous sommes dits que la vandalisation probable d’un monnayeur, ou le coût supplémentaire en personnel pour prélever une taxe annuleraient au moins en partie les effets de la recette ! Et nous avons donc opté pour la gratuité. Ce qui a demandé le plus d’attention, c’est la rédaction de l’arrêté municipal : en effet il faut être attentif à motiver les restrictions de stationnement et de circulation pour rester dans la légalité et pour rédiger un document qui soit facilement compréhensible. Pour ma part, en plus du travail en commission municipale et la lecture des revues spécialisées, j’ai demandé l’avis et les conseils de membres d’une association de camping-caristes locaux, et je remercie particulièrement Messieurs Maurice Robinet et Jean-Pierre Clauss pour leur aide.

Ce qui est important je crois dans ce genre de projet, c’est d’avancer en étant pragmatique et travailler ensuite sur le retour d’expérience, en distribuant des questionnaires d’évaluation : ainsi en 2009 nous disposions d’une quarantaine de places d’accueil réservées aux camping-cars, et nous avions indiqué aux entrées de ville « info à l’office de tourisme ». En réalité, nous avons eu une affluence record la première semaine d’août 2009 avec près de 150 camping-cars la nuit sur la commune (dont une quarantaine, majoritairement étrangère, répartie dans nos trois campings). Ainsi nous avons fait le constat que notre dispositif était complètement débordé, et que par ailleurs, relativement peu de camping-caristes passaient s’informer à l‘Office de Tourisme ! Nous avons donc réétudié la question l’hiver dernier : ainsi en 2010, deux des aires existantes ont été agrandies, quelques panneaux de signalisation ont été déplacés et surtout nous avons ouvert pour l’accueil nocturne le vaste parking du centre aquatique, ce qui a porté l’accueil nocturne total à plus de 80 places. Et pour bien informer, en plus de l’accueil à l’office du tourisme, nous avons fait réaliser deux grands panneaux d’information (en français et en anglais) avec un plan de la ville permettant de situer les espaces réservés aux camping-caristes. Ces panneaux d’information, placés aux endroits où atterrissent la plupart des arrivants (les Allées du Stade et le port de plaisance) ont parfaitement rempli leur mission en 2010.



Quels sont les retours que vous avez de la part des commerçants de Chatelaillon et des camping-caristes sur l'accueil qui leur est réservé depuis la mise en place ?


Comme je l’ai dit précédemment, c’est surtout au printemps et à l’automne que la présence des camping-cars est appréciée des commerçants de la ville, puisqu’en haute saison, les camping-caristes sont noyés dans le flot des estivants. Par ailleurs la majorité de la population apprécie qu’on ait mis de l’ordre dans le stationnement, et l’amélioration de la cohabitation entre habitants et camping-caristes s’en est ressentie positivement. Reste malgré tout qu’à certaines aires proches des habitations, il y a eu quelques plaintes de riverains se plaignant de la petite minorité indélicate qui jette ses eaux usées près des habitations avant de partir ou bien se livre à des libations bruyantes bien au-delà de minuit. Concernant les retours des camping-caristes, nous avons eu cette année beaucoup de commentaires très positifs et de remerciements, aussi bien par courriel que sur les questionnaires d’évaluation ou aux accueils de la mairie et de l’office du tourisme, ce qui nous donne à penser que nous avons globalement atteint nos objectifs, tant vis-à-vis des camping-caristes que du reste de la population.


Le CLC au service des territoires

Le Comité de liaison du camping-car défend les intérêts liés à l'utilisation des camping-cars sous tous ses aspects et particulièrement l'accueil de ces véhicules...

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